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Le pays du matin frais

December 6, 2018

 

DAEGU

Nous avons quitté Séoul en faisant du stop jusqu’à Daegu.
Une grande première pour nous!
Les sensations des premières minutes sont assez étranges et puis finalement on se prend vite au jeu.
Bord de route à priori bien choisi, pancarte à la main, pouce levé c’était parti!
Les Coréens étaient interloqués de nous voir faire du stop. Certain nous dirons que l’on ne fait pas ça en Corée, voir même que c’est interdit. Mais n’ayant rien lu de tel en amont dans mes recherches, je ne me laisse pas décourager.
Un officier de police viendra même nous voir pour me conseiller de marcher quelques mètres de plus jusqu’à un pont, car l’entrée de l’auto-route s’y trouvait. Suivant ses conseils, quelques instant après une voiture s’arrêtait! Et pas n’importe qui s’il vous plait! Une jeune actrice plutôt célèbre apparement accompagnée de son ami.
Leur gentillesse n’avait pas de fin, ils nous offriront gâteaux et boissons chaudes, avant de nous laisser exactement là où nous devions aller. Cette première expérience était encourageante.
Ce mode de voyage offrait à notre aventure quelque chose de vraiment magique et de plus authentique.

Le soir nous arrivions chez Kaitlyn et Jordan, un couple d’américains, professeurs d’anglais expatriés en Corée. Se sont nos nouveaux « couchsurfer ». Nous resterons chez eux 3 jours.
Nous avons passé des soirées agréables à discuter, jouer aux cartes, rire, s’échanger des conseils sur le voyage. Nous fûmes très bien accueillis, de véritables amours! C’est d’ailleurs avec joie que je les recevrais à mon tour quand ils commenceront le tour du monde l’été prochain !

Daegu est plus calme que Séoul mais ne manque pas de charme. Les temples ont laissé place à de nombreuses églises et cathédrales. Un nouveau marché aux plantes médicinales, ainsi que son musée de médecine orientale me séduiront.
Après la visite nous dégusterons encore de ce fameux thé Coréen et expérimenterons le bain de pied dans une eau à base de plantes médicinales. Un moment qui a le mérite de relaxer tout entier et qui se laisse tout à fait apprécier.
Le bain sert à « garder la tête fraiche et à maintenir les pieds au chaud ». Ça aide à rééquilibrer les énergies, la circulation sanguine, soigner des coups de froids et de la fatigue, les douleurs musculaires et les neuralgies. Apaiser les migraines et les insomnies. A refaire absolument à la maison !
Nous poursuivrons notre balade vers les marches de l’indépendances, on se perdra dans des petites ruelles, jusqu’à arriver devant un immense marché dans lequel on prendra plaisir à y déguster quelques douceurs; Hotteok (beignets fourrées au sucre de cannes et aux graines de tournesols) et des gimbaps (sorte de gros maki) tout en se laissant aller dans les allées, mêlés à la foule, observant les gens à table ou au travail. Toujours ses odeurs iodées et de mets appétissants.

Le lendemain nous grimpions dans le bus en direction du temple Haiensa pour notre « Temple Stay ». Une expérience unique, qui est absolument à faire si l’on vient en Corée.
Le temple Haiensa, fait parti des trois principaux temples bouddhiste dans le pays. Il appartient également au patrimoine mondiale de l’Unesco, et pour cause, c’est une perle d’architecture remplie d’histoire.
Perdu au milieu d’un parc naturel entouré de montagnes, l’arrivée au temple ne peut laisser indifférent, tant il en impose de par sa grandeur et sa beauté.
Nous serons accueillis par un moine, tout sourire et heureux de nous recevoir. La première heure consistera à nous attribuer nos tenues pendant que nous vivrons au temple, ainsi que notre chambre puis à nous expliquer les quelques règles à suivre pendant notre séjour.

Par exemple;

Le chasu: lorsque nous marchons nos mains doivent être jointes l’une sur l’autre près du nombril. C’est une posture de respect et d’humilité.

Le hapjang: c’est joindre nos mains paume contre paume près de coeur et s’incliner légèrement. C’est une profonde marque de respect et un symbole de sagesse et de compassion.

Bowing: c’est une posture spéciale lors des cérémonies de prières, afin de montrer son respect aux trois joyaux de Bouddha: Dharma, Sangha et autres.

Observer un comportement humble et bienveillant, être aussi silencieux que possible.


Nous sommes 8 personnes ce jour là à dormir au temple, et parmi elles, 4 français (6 avec nous, dont une cannoise!) Je trouve ça impressionnant de se retrouver dans un endroit aussi perdu et si loin de notre pays.


Du 5 au 30 novembre c’était la « templestay weeks for foreigners », ce qui permettait de vivre cette expérience à moindre coût (plus de moitié prix), bien entendu par conséquent le programme n’était pas le complet habituel, mais disons une mise en bouche. J’ai longuement hésité à prendre la version complète. Cependant, accompagnée d’Estéban, j’ai pensé qu’il serait plus facile pour lui d’avoir la version light (ça demande beaucoup de patience, de silence ect.)

Ainsi, nous y étions, pendant 24 heures nous vivrions au rythme des moines bouddhistes.

Le soir on dîne à 17h40. A la suite de celui-ci nous assistions au « samul » (les 4 instruments du Dharma), une cérémonie envoûtante durant laquelle un moine frappera à l’aide de baguettes sur un énorme tambour, ce après quoi l’on fera sonner la cloche du temple, puis le rituel s’achèvera avec le poisson en bois et le gong en forme de nuage.
A la fin de cette séance contemplative auditive, nous sommes invités à une cession de méditation, pendant laquelle on nous apprendra les bases d’une méditation réussie.

19h la journée s’achève pour les apprentis que nous sommes. A 21h (si nous ne dormons pas déjà) nous sommes invités à éteindre les lumières et à nous coucher.
Le lendemain le réveil sonne à quatre heure. Nous assistons à nouveau au « samul » de bon matin, puis au « yebul » qui sont des chants monastiques durant lesquels on pratiquera à plusieurs reprise le « bowing » à l’intérieur du temple.
À 6h10 nous prenons le « baru gongyang » (le repas monastique), ce qui signifie offrir.
Le repas est prit dans la gratitude de la nourriture qui nous est offerte. Tout ce qui est prit doit être mangé, le gaspillage n’est pas acceptable. On ne consomme aucune chaire animale, les repas au sein du temple sont véganes et contiennent toujours 5 ingrédients importants: oignons, ail, allium, poireaux sauvages et asafetida (une sorte de résine que l’on obtient des racines d’une plante herbacée, utilisée en phytothérapie ou dans la cuisine indienne.).
Je dois admettre que même si ce n’était pas mauvais, la cuisine monastique est très saine c’est indéniable, elle est rassasiante, mais...gustativement parlant c’est spécial.
Après le petit déjeuner nous avions temps libre jusqu’à notre départ (dans le programme complet l’expérience est beaucoup plus poussée). Avec Estéban on décidera de retourner dormir jusqu’au levé du soleil. Nous avions grandement besoin de repos.

Un peu plus tard dans la matinée, je laissais mon fils sur sa couche car il semblait profondément endormi, et j’en profitais pour une marche méditative dans le temple, pour visiter et profiter de la quiétude environnante.

Cette introduction à la vie monastique fut intéressante, reposante mais avait le goût de trop peu! Finalement j’aurais vraiment aimé en voir plus et participer d’avantage aux activités quotidiennes des moines.
Néanmoins, le rendez-vous est prit. Je sais que je reviendrais en Corée et la prochaine fois je prendrais 2 jours avec le programme complet !

Après déjeuné nous quittions le temple. De retour à Daegu en milieu d’après-midi nous étions à nouveau en bord de route, pancarte à la main, pouce levé, en direction de Gyeongju!
Pendant que nous attendions dans le froid, une personne travaillant à la station service d’à côté viendra généreusement nous offrir des boissons. Un autre automobiliste s’arrêta également simplement pour nous dire de faire attention à nous et offrir un chocolat à Estéban, puis,
quelques 45 minutes plus tard, un couple s’arrêtera et nous emmènera à destination. A savoir qu’ils étaient lancés sur leur route, nous ayant vu que trop tard, ils feront demi tour spécialement pour nous! Nos conducteurs ne parlaient pas très bien l’anglais, mais on aura bien rigolé, encore des personnes avec le coeur sur la main.
Ce voyage au pays du matin frais est juste exceptionnel. Les coréens sont incroyablement gentils, généreux et ça, ça fait vraiment chaud au coeur. 

GYEONGJU

Vers 18h nous sommes arrivés chez notre nouvel hôte: True Park. Un homme, la quarantaine vivant seul avec son chien. Je n’étais pas des masses emballée à l’idée d’aller chez un homme. Mais les revues faites sur couchsurfing tant femmes que hommes sont rassurantes alors je me suis laissée tenter. Et sans regrets car c’est quelqu’un de vraiment sympa, sa chienne adorable. Il nous invitera au restaurant et nous préparera même à manger. Les discutions sont intéressantes, le séjour était agréable.

Gyeongju; j’ai été un peu « déçue », à vrai dire, je m’attendais à autre chose du « musée à ciel ouvert ». Il y avait énormément de monde et des voitures stationnant partout ce qui avait tendance à briser le charme.
Bien que paradoxalement, je pense que la visite de Gyeongju s’apprécierais d’avantage en voiture afin de bénéficier de plus de liberté dans la visite de chaque monument, parcs nationaux, et musées.

Après Séoul, j’ai trouvé ça « fade » du sens où, finalement on voit toujours les mêmes choses. Chaque configuration de ville est la même. Les palais, temples et vestiges se ressemblent presque tous. Ça donne donc une impression de déjà vu.
L’émerveillement et le coup de coeur sont restés à Séoul.

Nous profiterons tout même de notre temps. Nous nous serons bien promené, entre village ancien, tombeaux et autres vestiges du royaume de Silla.
Nous avons pu déguster des délicieux tetok ( pâtisserie faite de riz gluant cuite à la vapeur, enrobée d’une sorte de farine sucrée, ou sésame, parfois fourrée aux haricots rouges) don je suis totalement fan, et un bingsu. Ce dessert traditionnel est très populaire chez les coréens. Ses origines remontent à la dynastie Joseon, se compose traditionnellement de glace pilée recouverte de pâte d’haricots rouges sucrées, le tout agrémenté de tetok. (Bon nous, c’était la version grand luxe amélioré.) Bref! On s’est régalé.

Pour notre dernière soirée à Gyongju, on mangera un délicieux bimbap végétarien dans un petit restaurant familiale. Nos voisins de table célébrant un anniversaire partageront même une part de gâteau avec nous!
Le lendemain, c’est à nouveau en stop que nous nous rendions à Busan pour nos derniers jours en Corée avant de prendre le bateau pour le Japon.

 

 

BUSAN et départ en ferry pour Osaka.

Vers midi, notre hôte, True, accepta de nous déposer à l’entrée du péage de l’autoroute pour nous facilité l’autostop. Je le remerciais pour son accueil et sa gentillesse. Et bien entendu, comme tous les hôtes qui nous ont accueillis chez eux, il serait lui aussi le bienvenu s’il décidait un jour de se rendre dans le sud de la France.

Moins de 10 minutes après avoir brandit pouce et pancarte, un pêcheur s’arrêtera et nous déposera à quelques Kilomètre de Busan, où nous ferons à nouveau du stop et moins de dix minutes après, un autre automobiliste nous déposera à destination, le pdg d’une grosse entreprise cette fois-ci. Le contraste entre notre premier et deuxième conducteur m’amusais.

Le soir Young, notre nouvel hôte vint nous chercher au métro et se montrera d’une gentillesse et d’une générosité sans égale pendant notre séjour chez lui.
Chaque jour il nous déposait en voiture aux endroits que nous souhaitions visiter, puis venait nous chercher malgré qu’il soit à son travail. Il nous emmènera également randonner dans la montagne, cuisinera des petits plats fabuleux, se montrera toujours très disponible, plein de bons conseils, j’en étais presque gênée, bien qu’il faille avouer que c’était agréable qu’une personne soit aux petits soins avec nous.
Je découvrais dans couchsurfing une communauté d’entraide fabuleuse. Homme, femme, couple, il n’y a pas d’arrière pensée, seulement le plaisir de faire plaisir. Certains s’ennuient dans leur vie et voient en couchsuring l’opportunité de rencontrer des personnes du monde entier pour casser leur routine et avoir de la compagnie. D’autres ont beaucoup voyager à l’aide de cette communauté et souhaite offrir en retour l’aide qu’on leur a apporté.

Revoir la mer après tout ce temps était pur bonheur ! Oui! J’ai pris goût à vivre au bord de la mer et celle-ci m’avait terriblement manqué depuis un plus de deux mois.
 

On a prit plaisir à se promener au Gamcheon village, un endroit aux maisons colorées, avec du street art kitsh rétro présent un peu partout dans les rues, plusieurs shops colorés qui donnent envie de tout dévaliser, ainsi que plusieurs salons de thé où l’on peut se poser et déguster toutes sortes de douceurs.

Le Songdo Cloud trails, un chemin suspendu au dessus de l’eau, nous offrira une grand bouffée d’air iodé dans un moment agréable.

Le temple Haedong Youggung sur le bord de la côte ne laisse pas indifférent. Le principe architectural reste le même que ceux que nous avons vu jusqu’ici, néanmoins, les décors changent du traditionnel parc naturel avec forêts et montagnes, l’enchantement est là.

Nous avons également randonné avec Young pour admirer le coucher du soleil depuis le haut d’une montagne. Un spectacle fabuleux, nous offrant la ville de Busan dans des nuances aquarelles de rose, de violet et de bleu. Jusqu’à ce que la nuit tombe complètement offrant un autre spectacle rempli de lumière sur fond bleu. C’est dans la nuit noire que nous retournions sur nos pas, à travers chemins et forêt éclairés à l’aide de nos lampes torches.

Busan est une ville portuaire impressionnante, avec ses immeubles immenses se dressant au quatre coins de la côte, ses ponts et ses routes. L’activité y est intense, mais malgré tout, les alentours ne manquent pas de charmes. Il est agréables de se perdre dans les rues et de se promener sur le front de mer. 

Le jour du grand départ, Young nous déposera au port international de Busan d’où nous prendrons, pour la première fois de notre vie, le bateau pour une longue et fantastique traversée de 15h.

Depuis que nous voyageons, c’est certainement le passage d’un pays à un autre le plus agréable que l’on est eut. Je ne me suis jamais sentie autant à l’aise et sereine dans un mode de transport qu’à bord de notre frégate.
Cheveux aux vent, lors du départ mon coeur battait la chamade. J’étais tellement excitée, émue, je voyais la ville s’éloigner de plus en plus, mes yeux n’en décrochait pas. C’était comme vivre l’aventure Titanic (moins la version luxe et dramatique), l’ambiance à bord était clairement dépaysante, les sensations étaient nouvelles. Je sentais mon esprit intensément libre. A cet instant précis, je me sentais chez moi, à ma place. J’ai toujours été fascinée par tous ces livres qui parlaient d’aventures en mer ou sur des iles, les Vernes, Defoes, Stevenson, Poe qui ont bercé mon imaginaire de toutes leurs aventures et m’avaient toujours donné envie de vivre les miennes. Ce que je ressentais habituellement en lisant, je pouvais a présent le vivre fois 100 !
Je rêve dorénavant de pouvoir à nouveau monter en mer ! Un tour du monde sur un voilier?

Je passais une partie de la nuit sur le pont à admirer notre avancée dans le noir le plus total, ça donnait l’impression de voguer dans l’espace tel un navire fantôme. Face à ce spectacle au milieu des ténèbres, mon corps était là, fouetté de plein fouet par les alizés, mais mon esprit dansait corps et âmes avec les éléments. J’étais dans un tourbillon de pensée que je ne contrôlais plus, hors de contrôle, j’ai lâché prise; j’ignore combien de temps je suis restée sur le pont à me perdre totalement à en oublier toute notion du temps et de moi même.
Lorsque je retournais dans ma cabine, je me sentais vidée et remplie d’une énergie nouvelle.

Le lendemain matin, nous fûmes réveillés par l’appel radio du petit déjeuner. Une fois l’estomac rempli je me précipitais à nouveau sur le pont. Il pleuvait, mais ce n’était pas quelques gouttes qui allaient m’empêcher de profiter du spectacle.

Nous naviguions dorénavant en territoire japonais. Terre en vue! D’un côté la vie semblait sauvage, de l’autre plus urbanisée. Des bateaux de pêcheurs apparaissaient un peu partout.
J’observais ce nouveau monde sur lequel nous allions sous peu accoster. J’étais émerveillée, émue les larmes aux yeux. D’ici quelques minutes nous serions au Japon, pays que je rêvais de visiter depuis au moins mes 12 ans.
Quel fabuleux voyage... ! 

 

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