Un Automne à Séoul

November 29, 2018

 

                                                    Un automne à Séoul.

Je n’avais pas spécialement prévu de me rendre en Corée du Sud. Je ne connaissais absolument rien de ce pays, et que vaguement son histoire avec la corée du Nord et l’occupation Japonaise. Ni de près, ni de loin, je ne m’étais jamais vraiment intéressée à ce petit bout de terre relié à la chine s’imposant entre la mer Jaune et la mer du Japon.

Nous devions initialement aller au Cambodge où nous devions retrouver mon Homme. Il s’est avéré que finalement nos retrouvailles seraient remises à plus tard. Pour palier à la frustration, j’avais donc décidé de faire dévier notre itinéraire.
Je me balade sur google earth, indécise, quand soudain, je me suis dis:

-Et pourquoi pas la Corée après tout? Se serait la découverte totale !

Après remaniement du budget, recalcule sur l’année et vérification, c’était tout à fait jouable!
A condition d’user de couchsurfing et de faire du stop pour les grands déplacements afin d’amortir les frais. Le coût de la vie, restant quand même relativement élevé en Corée du Sud.
Le coup de coeur fut totale lorsque je vis que l’on pouvait prendre le bateau depuis le port de Busan (tout au sud du pays) jusqu’à Osaka, pour une somme dérisoire à nous deux.
Je me laisse quelque jours de réflexion. J’étais encore en Inde lorsque je reçus une alerte skyscanner; la baisse de prix était considérable pour notre vol Kathmandu/Incheon: 500 Euros pour nous deux. Ma décision était prise, j’achetais nos billets.

Le voyage depuis Kathmandu jusqu’à Incheon fut bien long, voir interminable. 14h de transit à l’aéroport de Kummin en Chine. Nous y ferons tout de même une belle rencontre. Eloi avec qui nous passerons la nuit à bavarder et jouer aux cartes. Je me laisserais même embarquer dans un macdonald (moi Delphine, aller dans un Macdonald !). Pour ma défense à minuit, les seuls « restaurants » d’ouverts étaient les fast-foods (bon d’accord...je n’ai pas d’excuse).
Dans l’aéroport, pas un chinois ne parle un minimum d’anglais, pas même au fast-food! Je n’arrivais pas à me faire comprendre par la serveuse pour obtenir un malheureux coca. Je ne finirais par l’avoir, mais pour des raisons que j’ignore, j’aurais le droit à un supplément chantilly sur ma boisson... Je ne vous raconte pas la crise de fou rire!
Celle-ci poursuivra, quand plusieurs heures après notre rencontre, Eloi réalisera que Estéban et moi ne sommes pas « frère et soeur » mais « enfant et maman ».
Je ne compte plus le nombre de fois où, nos rencontres éphémères ont rit de surprise pensant systématiquement que nous sommes frère et soeur (rire).

Nous avions encore un transit de plusieurs heures à Qinxao avant d’atterrir sur notre nouvelle terre d’accueil.
Dans l’avion je sympathisais avec mon voisin de siège. Je lui demandais comment expliquer aux coréens que nous étions végétariens, s’en suivra un cours de Coréen durant le voyage. Cet homme fort sympathique nous accompagnera jusqu’à notre arrêt de bus à la sortie de l’aéroport. Ça commençait bien!

Une fois dans le bus, j’étais comme une enfant qui découvrait la civilisation pour la première fois de sa vie! J’étais ébahie par tout ce que je voyais! À commencer par le confort du bus et des routes. Les feux tricolores, les passages piétons, la courtoisie des gens, l’organisation de la ville, l’amabilité des personnes que nous rencontrions. C’était un réel soulagement. J’en étais tout à fait émue.

Nous sommes arrivés à Séoul vers 23h où notre première hôte couchsurfing nous attendait.
L’enthousiasme se poursuivait lorsque nous arrivions chez elle. Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur que c’était, l’idée d’être posé au même endroit pendant 10 jours, d’être dans un appartement après avoir écumé les hôtels et les guest-house tous les 2/3 jours depuis deux mois.
Retrouvé d’un peu de notre vie d’avant était vraiment réconfortant.

Les premiers jours nous ne sommes pas réellement sortis plus loin que faire les courses et aller au cinéma. J’ai fais une sorte de « burn-out ». Du fait d’être enfin posé, je pense que mon corps à ouvert les vannes et laisser sortir tout ce que j’avais accumulé pendant plusieurs semaines. A cela s’additionnait également le décalage horaire.


Ceci étant, rassurez-vous, à l’heure où j’écris ses lignes, je vais mieux!

La découverte de Séoul fut un pure enchantement! L’automne donnant un charme incroyable à cette ville. Ses parcs et routes bordés de peupliers flamboyants de jaune et rouge, incitent à l’émerveillement et à la poésie.
La Corée vous invite au raffinement de son architecture et à la délicatesse de ses palais et autres jardins. Je découvrais jour après jour une culture enivrante, des habitants toujours prêts à aider et rendre service même lorsqu’on en a pas besoin. Accueillants et souriants, on se sent totalement en confiance.

J’ai adoré me promener sur les marchés, l’ambiance y est hors du temps. Ça donnait l’impression d’être revenu à une autre époque. Chaque étale fumante avait ses spécialités embaumait nos narines d’odeurs de toutes sortes de nourriture depuis le poisson, aux fritures et autres plats don la sauce crépitait sous le feu du poêle. Le marché des herbes médicinales nous ensorcelait avec ses émanations de ginseng virevoltant dans l’air, nous envoûtait avec les parfums et goûts suaves de son thé traditionnel Coréen. Chaque stand s’ornait de feuilles, fruits, racines et autres épices. On y découvre plein de curiosité, un autre monde s’offre à nous, on y vit une expérience unique au cœur des traditions Coréennes. On y découvrait également d’autres échoppe vendant toute sorte de bric à brac. 

Les villages Hanoks semblent figés dans le temps vous transportent eux aussi dans une époque plus lointaine. L’histoire passée, la tradition, cottoyant la modernité de la ville. Un pas dans le village, et tout devient calme. Coréens et touristes portent le hanbok (tenue traditionnelle), on peut y faire plusieurs activités afin d’en apprendre d'avantage sur le savoir faire de leurs ancêtres. Certaines maisons ont été reconvertie en salon de thé très agréable. La promenade est relaxante, chacun coin de rue à son charme et son lot d’émerveillement. 

 

Le coup de coeur de ma visite à Séoul revient au palais Changdeokung et son jardin secret.
Je n’ai pas de mot pour décrire la beauté de cet endroit en cette saison. Le spectacle était grandiose. L’architecture est saisissante. Une autre porte vers le temps s’était ouverte. Il « pleuvait » des feuilles sur les sentiers bordés de pavillons, de résidences ou autres lieux de recueillement. Les contrastes étaient incroyables. L’atmosphère paisible vous convie à une marche contemplative et méditative, à vous abandonner et à vous laisser aller au gré des chemins. Un vrai coin de paradis en plein coeur de ville.
C’est ce qui m’a définitivement charmé à Séoul; la façon don tradition et modernité, délicatesse et déjanté peuvent se mêler , créant une certaine harmonie entre émerveillement et étonnement.
On y vit quelque chose d’unique.
Le temple Jogyesa surprend pour ces mêmes raisons. Planté au milieu de la ville, un fort contraste se dévoile avec son environnement. La spiritualité nous emporte des lors que l’on approche de l’entrée. 

Non loin de la tour de Séoul j’ai goûté très certainement et sans exagérer le meilleur de thé de toute ma vie. Fin, délicat, doux et fleurit, j’avais de la poésie sous mon palet. En fermant les yeux, toutes sortes d’émotions envahissent l’esprit, les saveurs transportent dans des contrées lointaines. On s’imaginerait facilement assis à une table avec une théière en fonte et quelques tasses de porcelaine, portant le hanbok, profitant du bonheur qu’une simple tasse de thé pouvait procurer.
Je ne pu résister à l’idée de m’offrir deux boites du délicieux breuvage de chez Osulloc. Jamais un thé ne m’avait fait cet effet là.
La grande amatrice de cette boisson chaude que je suis ne peut s’empêcher de craquer sur toutes les sortes de thé que je croise pendant mon voyage. 

La nourriture en Corée y est surprenante, les saveurs sont nouvelles, très épicées et iodées. Beaucoup d’algues, de choux viennent composer leur repas. Notamment le kimchi qui se trouve à toutes les tables; un mets à base de piments et de légumes trempés dans de la saumure pendant plusieurs semaines. Le riz et les noddles sont aussi partie intégrante de la plus part des repas.
Je ne vous cache pas que pour les végéta*iens ce n’est pas évident tous les jours, car ce n’est pas une pratique courante en Corée (malgré le bouddhisme qui prône une alimentation végane), cependant jusqu’ici on s’est plutôt bien débrouillé. Il ne faut peut être pas trop (se) poser de question sur la composition des sauces ou des bouillons, au risque de ne plus rien manger pendant un mois.
Nos favoris ont été: pour Esteban les nouilles dans un bol de soupe au sésame, quant à moi c’est le bimbap (végétarien of course). Il se compose de riz, pâte de soja, de salade, quelques légumes croquant et œuf au plat accompagné d’un bouillon à part. Ça se sert très chaud et il faut tout mélanger avant de le manger! Nous avons également adoré les banchans; des petits plats que vous n’avez pas commandés, mais qui sont inclus dans le repas et servent d’accompagnement, par exemple le kimchi, algues en tout genre, feuille d’algue nori, namul (fèves germées sautées avec de l’huile de sésame), tofu, omelette ect.
La plus part des desserts sont souvent à base de riz gluant, de pâte de haricot rouge sucrée ou encore de beignets frit.

Picorer des gimbaps, des « pancakes » de légumes et quelques douceurs sucrés dans la rue ou sur les marchés restera mon activité favorite !

Nous expérimenterons également quelques curiosités comme le café à chat où l’on peu déguster café et gâteaux entourés d’adorables félins, ainsi que l’attraction « poopooland », un endroit où le divertissement tourne autour....du caca ! On aura bien rigolé même si je ne suis pas sûre que ça vaille le déplacement (rire).

Séoul ne manque pas de recoins insolites à découvrir. Cette ville à tout pour vous plaire, vous charmer et vous surprendre.
 

Mon expérience couchsurfing me permettra une vraie immersion dans le quotidien d’une coréenne, et autant vous dire que c’est n’est pas rose tous les jours. Saebyul travaille à 1h30 de chez elle. Elle part le matin à 7h et rentre le soir entre 21 et 23h. Elle est payée sur une base horaire de 40 heures par semaine alors que bien souvent elle fait des semaines allant de 50 à 70h,  ne disposant que de deux petites semaines de vacances par an.
Son rythme de vie est effréné, ce qui fait qu’elle n’a que très peu de temps pour une vie sociale, cumule la fatigue et la lassitude.
Elle le dit elle même, elle à la sensation d’être une esclave...
Cette rencontre fut plutôt bouleversante, j’aurais aimé pouvoir l’aider à faire quelque chose, à se sortir de là-dedans. Ses conditions de vie m’ont vraiment touché, cela permet de voir certains aspects de nos vies d'un oeil nouveau.
D’après Saebyoul les choses commencent à changer en Corée, mais il y a encore un long chemin à parcourir.

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NOS BONNES ADRESSES:

 


Dongdaemun design plaza - Luna Park ; une exposition éphémère spécialement designé pour les enfants. Un lieu où l’amusement ludique était au rendez-vous.

Bukcon Hanok Village - Village traditionnel figé dans le temps au charme incomparable. (Metro Anguk)

Hanbokdam, un endroit où louer son hanbok et où l’on peut se faire prendre en photo par des professionnels. (Metro Anguk) https://www.facebook.com/한복단-hanbokdan-1737439553252308/

Changdeokung Palace & Secret garden - Sûrement le plus beau des palaces de Séoul et mon gros coup de coeur (tellement que nous y sommes allés deux fois!). (Metro Anguk)

Jaeadong Sundubu - Restaurant à deux pas du Bukchon village où nous avons dévoré un délicieux bimbap végétarien dans un restaurant typiquement Coréen pour pas très cher (Metro Auguk)

Chologtteul - Restaurant 100% végétarien, où l’on s’est éclaté la pence - (Metro cheongyagni )

N Séoul Tower et le funiculaire. Une excursion sympa mais un poil décevante. Un nuage de pollution recouvrait la ville et bouchait la vue depuis la tour.

Cat Cafe - tout le monde sait que mon chat me manque terriblement, et, ce café rempli de petits félins tous plus mignons les uns que les autres à (presque) réussit à assouvir mon envie de câlins! à faire pour un moment rempli de drôlerie et de douceur! (Jung-gu, Euljiro 2(i)-ga, 199-41 / Metro Euljiro 1, sortie 6 ou 5)

Jogyesa Temple - Encore un gros contraste avec ce temple dressé en plein milieu de la ville. Une merveille.

Hwagyesa Temple - Une belle découverte avec la promenade dans le parc jusqu’à la tour offrant une vue à 360° sur Séoul ( Metro 4 Suyu sortie 3 puis Bus 2 stop Hansin University. )



Marché des fruits et légumes - Si tu restes plusieurs jours sur Séoul et que tu peux cuisiner, ne surtout pas aller au supermarché où il te faudra vendre un rhin et deux litres de sang pour pouvoir t’offrir des fruits et des légumes. Fais plutôt tes emplettes sur les marchés. (Et si comme moi tu as une sainte horreur des emballage plastique, alors fuies définitivement les supermarchés... TOUT, absolument TOUT y est sous blister....(Metro Cheongyagni)

Marché des herbes médicinales et le musée des herbes médicinales orientales - Le marché des herbes médicinale est dans le prolongement du marché des fruits et légumes de Cheongyagni. Sur la route on peut s’arrêter boire un thé traditionnel Coréen dans un café cosi (adresse), puis à la fin du marché, tourner à droite sous la grande porte, poursuivre son chemin jusqu’à arriver au Yangnyeongsi Herb Medicine Museum.

Namdaemun market - L’un des plus grands et des plus vastes marché de séoul. Il est tellement grand que l’on n’en voit pas vraiment la fin, il s’étend sur plusieurs rues et l’on y trouve absolument de tout. Ce marché existe depuis 1964 et on y recense pas moins de 10 000 vendeurs!


Gwangjang market - Un des plus vieux marché traditionnel de Séoul. On y vient pour déguster une très bonne « street food », une expérience coréenne authentique!

Séance Taekwondo au Kyung Him Cham Taekwondo avec Maître Park Joon Ho et sa femme - Ils nous ont accueilli à bras grands ouverts. Estéban à pu participer à un cours de Taekwondo.

The National Folk Museum of Korea. Nous ne sommes pas entrés dans le musée, mais les alentours valent la promenade.

Osulloc tea house - magasin et salon de thé où j’ai bu meilleur thé de ma vie - (12 Myeongdong 7-gil, Myeongdong 1(il)-ga, Jung-gu)

Kimchee guest house - dortoir a partir de 10 000W la nuit (moins de 10Euros)
J’aurais toujours du mal à me faire au manque de respect des voyageurs (qui font leur life comme s’ils étaient seuls à des heures où tout le monde dort) dans ce genre de structure, néanmoins, je pense que c’est ce que vous trouverez de moins cher aussi bien situé.

Poopoo Land - Une attraction autour du...Caca! (Oui le caca est signe de bonne santé en Corée) Cher pour ce que s’est, mais on a bien rigolé !
 

 

 

 

 

 

 

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