À la conquête du Manaslu - EP2

November 7, 2018

 

 

Jour 4 - On s’accroche

.

Cette journée fut éreintante.
 Nick et sa cheville blessée avait beaucoup de mal à suivre le rythme. 

Nous avancions donc en compagnie de Jim et Mike pendant une bonne partie de la journée. Nous avons bavardé, écouté de la musique, le temps fut vite passé.

Nous traverserons des ponts encore et toujours, une forêt de bambou, d'immenses gorges. On commençait à apercevoir de plus en plus de sommets enneigés, des décors dignes des plus beaux reportages.


Le trek est loin d’être facile, mais quel spectacle les amis! Ça méritait largement quelques efforts!



On laissa nos amis une première fois dans un village, puis les retrouvions à l’heure de la pause déjeuner. Estéban et moi étions fou de joie de les revoir. Ils s’essayèrent avec nous autour d’un thé, pendant que nous finissions nos dhal bats (spécialité locale).
 J’avais un appétit vorace. Je crois que bien que jamais je n'avais autant manger en un seul repas. Nos amis au grand cœur nous offrirent des gâteaux aux chocolats et barres de céréales. Nous n’en fîmes qu’une bouchée. 

Au moment de reprendre la route Nick arriva non sans mal. 

De notre côté, nous n’étions plus qu’à deux heures de l’arrivée de notre guest house. Estéban, notre guide et moi, nous remettions en route. Une demi-heure plus tard, nos Américains nous rattrapaient.


Estéban lui traçait comme une gazelle, aucun d’entre nous n’arrivions à le rattraper sans nous essouffler! Quelle crapule! Un coup il gémit et puis l’heure d’après on ne le voit plus (rire).


Mike, Jim feront étape un village avant nous, à cause de l’état de la cheville de Nick. Avec un peu de chance, nous les recroiserions le lendemain en cours de route. 

A nous cinq nous formions comme une famille. Ce genre d’aventure rapproche profondément et quelque chose de spécial et d’inexplicable nous lient. Jim, Mike et Nick prennent soin de nous et nous chouchoutent comme leurs enfants. On les adore sincèrement, et le soir venu, ça ferait bien vide sans eux.



Cette quatrième journée fut des plus dures, nous n’avons fait que monter 10h30 durant, ça n’en finissait plus. Nous étions arrivés peu avant la tombée de la nuit.


Nous rencontrions un groupe de Grassois ce soir-là, ainsi qu’énormément de Français.
On part s’exiler dans des contrées éloignées pour se couper du monde, et puis finalement on s’y retrouve tous! 



Notre chambre était plutôt rustique; des planche en bois, un toit en taule, sans électricité et mal isolée du froid. La douche et les sanitaires se trouvaient au niveau inférieur. Et c’est sous l’eau glacée dans un cabanon de pierre avec vue ouverte sur la montagne que nous peinions à nous laver. A 1800 mètre d’altitude, les températures avaient largement chuté depuis le début de notre trek.
 Cette nuit-là, il pleuvait à torrent, le tonnerre grondait, mais cela ne m’aura pas empêcher de sombrer profondément à 20h30. 
 

 

Jour 5 - Trop épuisée pour écrire après cette troisième journée consécutive de 10h de marche.

Jour 6 - Nostalgie

.

La nuit fut fraîche, mais réparatrice tout de même.

Au petit déjeuné je suis devenue addict au thé citron gingembre rappé et au pain tibétain. C’est une sorte de pain frit, que je tartine de miel et de beurre de cacahuète.

 Aujourd’hui nous levions le pas sur le rythme, le plus dur était derrière nous,  partis à 8h , ous arrivions à la lodge suivante vers midi.

Pas mal de montée encore. Mais l’apparition des cols enneigés était absolument magique. Nous pouvions d'hors et déjà avoir un avant-goût des paysages à couper le souffle qui nous attendaient d’ici deux ou trois jours. 


Cet après-midi off, était plus que bienvenu, il était nécessaire après s’être autant donné durant ces derniers jours.


Après déjeuner, Estéban partit se coucher. Quant à moi, je fis la rencontre de quatre Françaises, avec lesquelles je bavardais un moment avant à mon tour, d’aller me reposer.
Je fus tiré de mon sommeil par les moines népalais retournant à leur monastère chantant tous en chœur.


A 17h, nous retrouvions avec joie nos 3 amis dans une guest house voisine, pour partie de carte autour d’une bonne bière (qui à cette altitude, sera la dernière vu la vitesse à laquelle je m’étais enivrée ).

19h Nous sommes revenus diner avec les filles.


20h30, nous allions nous coucher.

La nuit fut difficile, le froid était rude, et malgré nos duvets prévu pour les grands froid et nos couches de vêtements, nous étions frigorifiés.

 J’ai eut du mal à trouver le sommeil. 

Cette nuit-là, je passais en revue avec nostalgie les photos de mon téléphones. Un peu tout me manquait. 

J’étais tellement loin de tout ce que j’avais pu connaître dans ma vie. Je me trouvais au milieu de nulle part, coupée du monde. Les expériences quotidiennes sont si intenses. Ma zone de confort était à des milliers de kilomètres, à parfois en manquer de repère. Ce soir-là, je me sentais perdue dans cette immensité entourée de vallées et de montagnes sans âmes qui vivent aux alentours, si non quelques yaks.
 Je vivais sûrement l’expérience la plus déroutante et la plus dépaysante de tout ma vie.

J e surpassais mes limites comme jamais auparavant, Estéban sans aucun doute davantage. J’en apprenais encore sur mon corps et mon mental et ce de quoi j’étais capable. 
Je prenais conscience de tout le potentiel qu’avait mon fils et combien cette expérience lui servirait toute sa vie.
 J’étais si fière de lui, de sa persévérance malgré les grands et petits maux qui pouvaient accompagner nos  journées. Il lui arrive parfois d’avoir envie de pleurer, mais il donnait chaque jour le meilleur de lui même avec fierté et détermination.



Quand je vois déjà tout le chemin parcourus sur la carte, je suis impressionnée. Depuis que nous fûmes partis, il me sembla que le temps s’était suspendu.

  

 

Jour 7 - Les au-revoirs.



Ce matin nous partions visiter un monastère perché en haut d’une colline, se trouvant sur la route de notre prochain village d'accueil. L’ambiance y était à la fois festive et paisible. Enfants, adultes, filles, garçons, la cérémonie du matin était en préparation. Danses et rituels bouddhiste animèrent cette matinée. 



Au fur et à mesure de l’avancement de notre aventure, les couleurs de l’automne se dessinaient laissant place à des vallées aux camaïeux de jaune, rouge, orange dans lesquels se mélangeaient des pointes de vert. 
Les pics recouvert d’un épais manteau de neige se faisaient maintenant bien présents, et la grande Manaslu se dressait dans toute son imposante grandeur face à nous. 

Quel spectacle majestueux.

Sans parler de l’ambiance dépaysante et pittoresque des villages népalais.


Quelque quatre heures plus tard, nous atteignions notre lodge. Nous disposions à nouveau de notre après-midi de libre, lequel nous mettrons à profit pour nous reposer dans un premier temps. Puis retrouvions nos amis américains dans un deuxième temps pour nos à présent, traditionnelles parties de cartes et profiter de ce dernier moment ensemble. Ils partaient le lendemain, quand nous, nous restions trois nuits de plus dans le petit village de Sambdo à 3400 pour nous acclimater à l’altitude.


Nos routes se séparaient ce soir-là.

C’est le cœur gros que j’écris ces lignes car nous nous étions vraiment attaché à eux et leur présence nous apportait beaucoup de réconfort. La joie de les retrouver chaque jour en cours de route, aux pauses, aux étapes. Ils ont été si gentils et si généreux avec nous. Nous avons beaucoup pleuré en nous quittant. Ainsi que lorsque nous avions quitté Théo en Inde, Estéban était inconsolable. Les garçons offrirent à mon fils le fameux jeux de cartes avec lequel nous nous sommes tant amusé.


De retour dans notre chambre, il faisait terriblement froid. À partir de ce jour nous ne prendrons plus de douche jusqu’à la fin du trek, dû aux conditions de vie extrêmes. 

 

 

 

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