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De Mumbai à Delhi

October 8, 2018

 

Nous quittions Gokarna en direction de Mumbai. Nous étions partis pour environ 12 heures de voyage. J’ai fait l’erreure de ne pas prendre de bus couchette pour économiser quelques roupies. A mon grand regret car 12 heures  mal installés, la clim à fond dans le véhicule donc frigorifiés, c’est long, très long.
Nous étions tout de même bien arrivés le lendemain.
La ville m’horrifiait, c’était plus bruyant que jamais, on pouvait voir un nuage de pollution stagner dans les airs, c’était embouteillé de partout, des odeurs nauséabondes dans chaque rue. Je n’avais prévu que de faire étape à Mumbai, mon ressenti en arrivant me confortait dans l’idée de vite passer à l’étape suivante. Bien qu’il y ait sans aucun doute de magnifiques choses à y voir, sachant que c’est le berceau des films Boliwoodiens. Cependant  je me suis sentie étouffer en arrivant. Le contraste avec les plages paisibles de Gokarna étaient trop violent.

Arrivés à l’hôtel, une fois n’est pas coutume, c’est moi qui me suis plantée d’une journée dans les réservations. Mais rien de grave, il restait tout de même une chambre. Encore rudimentaire qui ne payait pas de mine (que je trouvais chère pour ce que c’était), avec douche et toilette communes.  Pour une seule nuit, on s’en contenterait bien. Le réceptionniste de l’hôtel était bizarre, il me draguait à moitié, me regardait avec insistance (malgré ma tenue de voyage sac à patate), je me sentais observée dès que je sortais. Durant la nuit quelqu’un avait tenté d’entrer dans la chambre, mais Dieu merci, j’ai toujours le réflexe de nous enfermer à clé. Le matin suivant, nous avons vite dégarpie de cet endroit où je ne me sentais pas du tout en sécurité.

Nous prenions le bus à 11h30 en direction de Jaipur, pour un long périple en bus couchette de 24 heures! Nous étions bien installés cette fois-ci et le voyage c’est passé tranquillement entre jeux de cartes, films et musique entre deux dodos. Nous sommes arrivés le lendemain sans encombre, par chance le bus nous lâcha à moins de dix minutes à pied de notre auberge de jeunesse.
Cette première demi-journée sera dédiée au repos. J’avais prévu de sortir histoire de nous dégourdir les jambes avec Estéban, après avoir déposé nos sac à dos. Mais moins d’un quart d’heure après avoir commencé notre balade, il m’a fait un malaise et une grosse frayeur. Je l’embarque dans un rickshaw (qui voudra me faire payer un indécent 300 roupies pour faire à peine 1km... sommes que j’aurais descendu à 70 roupies et encore, ça restait trop cher) pour retourner au dortoir. Je pense que le voyage, la fatigue, la chaleur, le bruit, les sollicitations incessantes tous les mètres ont eut raison de lui. Néanmoins, plus de peur que de mal, après une grosse sieste, un Thalie et une bonne glace, mon mimi avait repris des couleurs  puis retrouvé toute son énergie.

Les deux journées suivante après des nuits coupées par les autres voyageurs pensant certainement être seuls dans le dortoir (téléphone à 4h du matin, bavardage à haute voix à 6h, allées et venues incessants...bref! Ce n’était pourtant pas faute de dire assez fort que c’était abusé et qu’il y en avait qui dormaient...), nous sommes partis à la découverte de Jaipur.

Après l’épisode de Mysore, mon caractère c’est drastiquement endurci. J’ai appris à me faire respecter, à devenir plus stricte et catégorique, en bref à avoir plus d’assurance en moi, et ça a payé. Notamment pour négocier le prix des courses en rickshaw, qu’on peut largement diviser par trois sur le montant annoncé.

Nous avons visité Galta Ji ou le “Monkeys Temple” datant du XVIème siècle. Un havre de paix en dehors de la vie agité de Jaipur. Entouré des falaises rouges qui encerclent Jaipur, hautes de plusieurs mètres, se situait dans un coin reculé accessible uniquement à pied (quelques téméraires s’y rendent à moto).Pas moins de 5000 singes y ont élu domicile. Une énergie prenante émane de cet endroit. On se promenait au sein de ce lieu spécial et sacré, nous laissant emporter par la musique religieuse que l’on pouvait entendre au quatre coin des édifices s’élevant de part et d’autre du site.
Nous y rencontrons un Monsieur nous disant être le “monkey’s master”. Et c’est vrai, il savait s’y prendre avec eux. Il initiera Estéban à l’art d’attirer les singes à lui. Et c’est par dizaine qu’ils lui grimperont sur la tête, le dos, les bras à la recherche de la sacre cacahuète !
Nous avons également fait la connaissance de Itciai, un Vénézuelien de 33 ans parcourant le monde, vivant de son art. Il tisse à la main colliers, bracelets et autres bijoux auxquels il incruste des pierres (vous pouvez voir ses oeuvres sur instagram: iticai artesanias). Son travail est fabuleux. Iticiai a été initié aux voyages grâce à sa mère (végétarienne et travaillant dans la medecine alternative) avec qui il a voyagé toute son enfance, parcourant de nombreux pays, jusqu’à a son tour, voler de ses propres ailes autour du monde. J’ai trouvé beaucoup de charme dans cette rencontre qui me confrontait peut-être à ce que pourrait devenir mon fils en grandissant s’il prenait goût aux voyages.

Lors de notre séjour à Jaipur, nous visiterons également Amber Fort, un colosse architectural plus qu’impressionnant, entouré d’une grande muraille s’étandant sur plusieurs kilomètres. Il a été construit de pierre rouge et de marbre en 1592 par Raja Man Sigh.
Puis Jal Mahal, un genre de Taj Mahal se dressant au milieu d’un immense lac bleu, entouré de montagnes roses. Un ensemble de temples don le nom m’échappe où toute la splendeur de l’Inde se dessinait.
Chand Baori, construit en puit, déstiné à receuillir et conserver l’eau de la saison des pluies quand les périodes de sécheresses se pointaient, fût bâti en l’honneur de Hashat Mata, déesse de la joie et du bonheur dans l’intention.
Ce ne sont pas les oeuvres d’arts qui manquent à Jaipur. Je n’y ai passé que deux jours et demi, mais je pense que ça aurait mérité deux ou trois jours supplémentaires afin de pouvoir profiter d’avantage de toute sa magnificence. De toutes les grandes villes que nous avons visité, elle sera sans aucune doute notre préférée, malgré son brouhaha et sa pollution envahissante. Jaipur à becaucoup de charme.

C’est par train que nous quittons la ville rose, en direction de Delhi. Une grande première le train en Inde. L’intérieur est vieillot, vétuste, il y a des sièges, lit, demi-lit, sortant d’absolument partout, se superposant sur deux ou trois niveaux. Ça aura la mérite d’ajouter des souvenirs à notre expérience. Malgré le réveil que j’ai faillit manqué le jour du départ (oui, ne pas confondre “arrêter” et “répéter” lorsqu’on a les yeux à moitier ouvert - rire- ), tout s’est très bien passé. J’ai sympathisé avec une famille de Delhi, très gentille et bienveillante. Des Indiens comme j’aurais aimer en rencontrer d’avantage...

Delhi est impressionnante de contradiction. Les installations éléctriques aux files pêles-mêles dans les rues sont chaotiques et dangereuses. Ses rues sont crades, sentent souvent l’urine, sont très poussièreuses et polluées. Ses ruelles étroites où l’on circule à peine. Ses bâtiments qui donnent l’impression de s’écrouler. Les bus de ligne je n’en parle même pas, on se demande comment est-ce qu’ils roulent encore! Mais qui en revanche, dispose d’un métro IMPECABLE, propre, fonctionnel. On peut y voir également des jardins, des grands buildings dignes de Paris la Défense. Ainsi que nombres de monuments historiques et impressionnants tels que Humayun’s Tomb (classé au patrimoine mondiale de l’Unesco) ou encore Akshardham pour ne citer qu’eux.
Delhi est à la fois moderne et désuète et représente parfaitement l’Inde, ce pays qui est le paroxysme des paradoxes. Ce pays que l’on peut aimer et détester 10 fois dans la même journée.

Ce soir nous quittons Delhi par train de nuit en direction de Gorakhpur, d’où nous prendrons le bus jusqu’à la frontière Népalaise. Chaque kilomètre parcouru à partir d’aujourd’hui nous rapprocherons petit à petit de notre prochaine destination.

C’est à la fois le coeur gros et soulagé que je quitte ce pays. Nous y avons rencontré des gens fabuleux, vécu nos premières expériences en terre inconnues, en ne commençant pas par le plus facile. J’ai l’impression d’y être depuis des mois et qu’en même temps notre arrivée à Chennai c’était hier. L’Inde vous boulversera toujours de sentiments contradictoires. L’Inde vous déstabilisera, vous émerveillera et à la fois vous horrifiera.
Plus d’une fois j’ai eut envie d’écourter mon voyage et passer à l’étape suivante. Mais j’ai tenu bon. J’y ai vécu le pire et le meilleur. Je garderais le meilleur et rigolerais du pire. Parceque le pire est parfois tellement absurde, qu’on ne peut qu’en rire au final! 

 

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