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Mysuru, tu es belle, mais tu m’as usée!

September 25, 2018

 

 

Nous avons quitté Ooty le lundi matin vers 10h30. C’était parti pour 5 heures de routes. 5 heures de paysages grandioses à couper le souffle. Depuis les collines verdoyantes aux montagnes bleues à perte de vue, aux fôrets denses qui se cachaient sous la brume ou encore aux petits villages bordant la jungle, j’étais tout simplement captivé par la beauté de ces lieux qui s’offraient à mes yeux. Le meilleur restait à venir quand nous avons traverser sur plusieurs kilomètres le “Madumalai Wild Life Sanctuary’’ une diversité de flore exceptionnelle, bordé d’une rivière nous donnant la chance innestimable de pouvoir observer des “hāthī” (éléphant en Indi), faons et cerfs à profusions, des petits singes gris à la tête noire. Le livre de la jungle de Rudyard Kippling se dessinait sous nos yeux ébahis.

-Maman maman regarde !!!

-Et là l’éléphant tu l’as vu?

-oh ! Des petits singes!

Quand je pense que depuis Ooty les agences de voyages facturent 2900 roupies pour y aller, et que moi, mon ticket de bus m’en a coûté 150! Bien entendu, en faisant le safari nous aurions vu d’avantage de choses! Mais pour un petit budget comme le notre, ce fut déjà merveilleux, le bus ne peux excéder les 30 km/h, nous avons pu donc en profiter sans modération, en remplissant nos têtes d’images et de souvenirs.

Je n’ai pratiquement pas senti la longueur de notre trajet, bien trop absorbée à m’en mettre plein les yeux.

Il est 15h30 quand nous arrivons l’hôtel, je n’avais pas réserver au préalable, je me dirigeais donc vers le récéptioniste. Je leur demande une chambre double simple pour 375 roupies par nuit.

-Je suis désolée Madame, mais nous n’avons plus de chambres simple, il ne me reste que des deluxes (soit dit en passant qui coûtent le double).

-Vous le sentez venir ou pas?

-Non, la chambre deluxe n’est pas dans mon budget, mais ce n’est pas grave je vais aller ailleurs. (J’ai envoyé ça sur un ton de lassitude palpable, car je savais pertinament qu’il voyait en cette mère seule que j’étais, une proie facile à berner...)

-oh attendez, je vais re-vérifier, pouvez-vous vous asseoir et patienter un instant s’il-vous-plait?

-oui biensûre...

Et là! Tadaaaam miracle, il restait une chambre (et même sans doute plusieurs...)
Il m’a sûrement montrée la plus pourrie de toute pour tanter de me faire changer d’avis, mais ça m’était égale tant que la litterie était clean. Après affectivement, elle est dans un état déplorable... et la salle de bain je n’en parle même pas... Il faut vraiment avoir envie d’aller aux toilettes ou de se laver pour y mettre les pieds.
Ceci étant, l’eau chaude fonctionne et le wifi aussi! Halleluja!

Je réserve donc pour trois nuits dans cette chambre à la couleur des murs douteuse, avec pour éclairage un seul néon et le stricte minimum. Avec pour compagnie les bruits agités de la rue commerçante où était situé mon hôtel. En remplissant la paperasse administrative, à l’emplacement “métier” j’écrivais photographe journaliste. Bhen je peux vous garantir que ça à eut son petit effet, le personnel devient tout mielleux et plein de “bons” conseils.

Au moment de monter nos bagages je croise une Australienne (Simone), une belle femme qui devait approcher de la cinquantaie, blonde aux yeux bleues qui s’apprêtait à partir visiter et qui me propose de l’accompagner. Ravis de cette rencontre impromptue, c’était avec joie que j’accèptais.
Nous nous retrouvions quelques minutes plus tard, puis nous embarquions dans notre rickshaw direction la fabrique d’encens, où nous avons pu assister à une démonstration de la fabrications de ceux-ci, puis aux explications. Il nous vendent un produits étant 100% d’origines naturelles, cependant concernant les couleurs les réponses quant à leurs provenance étaient si vagues que je laisse le bénéfice du doute planner. Quant au reste il s’agit de fleurs/feuilles/écorces sèchés puis réduits en poudre ainsi que d’huiles essentielles, le tout mélanger à une sorte de mélasse composée de sève et de miel, une fois la pate mise autour du bâton, il est roulé dans la poudre colorée pour la finition.
Mon sceptisisme quant au bien fondé du 100% naturel m’aura vallu de me faire offrir une dizaine de bâtons d’encens (en vous remerciant!).

Nous poursuivons notre découverte olfactive en allant dans une petite boutique “Herbal Bazaar” vendant entre autres, des huiles essentielles. C’est Kamal qui nous fera la démonstration (expert en herboïsterie et en ayurvéda).
Nous y apprendrons que Mysore est le centre de l’artisanat pour les bâtons d’encens et les pures huiles végétales ainsi que pour sa production de “Beedies” (genre de feuilles de tabacs roulées et de poudre de perlinpinpin qui à priori feraient planer). Mysore est également réputé pour son huile de bois de sental aux vertues infinies, notemment pour tout ce qui est douleures inflammatoires (artrite, artrose, tendinite, rhumatisme, et autres douleurs articulaires passagères ou chroniques.

Kamal nous ouvre un à un ses flacons d’huiles essentielles destinées principalement aux soins ayurvédiques, en arômes pour la composition des parfums et en aromathérapie. Il nous une dépose une goutte sur la main par ci, une goutte sur le bras par là. Il fallait bien admettre que les senteurs de ses huiles étaient absolument divines et envoûtantes. L’odeur gourmande et sucrée du jasmin, le parfum savonné de la fleur de lotus, la délicate et parfumée huile de safran, la poudrée et ennivrante du jasmin noir. Malgré l’aspect tout à fait commercial de cette démonstration, je reconnais volontier que cette visite était un pur régal olphactif et une mine d’or d’informations. J’ai été parfaitement blufée par les vertues de l’huile de lotus. À peine mise sous le nez on ressentait un réel bien-être, comme sur un petit nuage, le corps se détendait tout entier.
J’ai également été complètement conquise par la délicate et séduisante huile de Jasmin... Ah ils m’ont eut! l’opération marketing a fonctionnée! J’ai craqué, je les ai acheté toutes les deux, sûrement pas au prix le plus bas, mais ça restait néanmoins pas cher pour ce que c’était.

Ainsi dans les grandes lignes j’aurais appris que:

L’huile de Nénufar (Water Lily) était très utilisée comme anti-moustique et répulsif contre les insectes en Inde. Une seule goutte sur chaque poignet suffirait pour protéger tout le corps pour envrion 8h.

L’huile de Jasmin noir s’utilise contre l’eczéma, atténue les cernes les marques telles que cicatrices ou vergetures.

L’huile de Safran s’avère être efficace contre tout ce qui sera bouttons de manière générale (acné, hormonaux, et autres), l’eczema, le psoriasis. C’est aussi le secret des recettes à base de tandori.
Elle redonne force et vigueur aux personnes malades, âgées et enceintes. En en versant deux goûttes mélangées à du lait d’amande. Elle améliore également la vue.

L’huile de Lotus s’utilise pour la méditation. L’histoire raconte que Boudha mangeait une fleur de lotus tous les jours pour améliorer ses connaissances. Pour relâcher toutes les tensions une goutte d’huile dans un inhalateur à vapeur pour quelques minutes. Ou bien en massage sur les tempes, une goutte de chaque côté pour appaiser stresse et anxiété.

L’huile de bois de sental sera ton aliée contre les rhumatismes, inflammations articulaires ou musculaires, coups de soleils et peaux sèches.

Pour finir (car la liste de mes notes est bien longue.) L’huile de Jasmin est l’une des plus utilisées en Inde et fait sa fierté (les femmes portent tous les jours des tresses de jasmin dans les cheveux qu’elles achètent sur les marchés). On raconte que Krishna en aurait offert à sa femme Radha avant de lui faire l’amour. On utilise cette huile pour les grandes fêtes, comme parfum, eau de toilette si diluée dans de l’alcool. Elle se diffuse également dans une lampe à huile ou dans un diffuseur. 

 

 

 

 

Par ailleurs maintenant que je connais la VRAIE odeur du jasmin, j’ai une requête pour notre Maire à Grasse: s’il-vous-plait, pour les prochaines Jasminade, arrosez-nous avec le VRAI parfum du jasmin! Pas avec ce produit qui sentait le Fébrèze ! Une si belle manifestation méritait plus d’authenticité!
A la fin de ces visites, nous retournions quelques minutes à l’hôtel puis repartions aussitôt, nos estomacs criaient famines.
Il faisait pratiquement nuit, nous nous baladions Simone, Estéban et moi, à travers les rues animées de Mysore. Nous avons dévoré quelques beignets, idly et lemon rice dans un stand de street food (40 roupies par personnes pour un festin de roi). Nous découvrions la beauté de ses parcs et monuments. La nuit tombée apporta un certain charme à cette ville.
On se fait interpeller par un rickshaw qui nous proposera de nous emmener au marché nocturne, nous hésitions et puis finalement, on s’était laisser tanter.
Tout ce qui faisait la richesse de l’inde du sud se trouvait sur ces étales, l’ambiance était hors du temps, presque agréable quand nous avons compris que petit à petit on se faisait diriger vers un nouveau shop qui fabricait de l’encens et vendait des huiles essentielles, prêt à nous reservir les mêmes discours, le tout en déscréditant entièrement l’endroit où nous lui parlions avoir été plutôt dans l’après-midi, que nous avions payé très cher, car notre hôtel touchait une commission...

-Mais toi, tu ne touches pas de commissions pour nous avoir emmené ici? (oui, je commençais à être un tantinait agacée)

-Non, non, pas du tout, je travail avec mon cousin. (Ça me fait rire...)

-De toute façon en Inde à vous écouter, vous tous frères, cousins, c’est incroyable. (Je sens que je touche la corde sensible.) Vous n’êtes jamais honnête avec les “blancs”, tout ce que vous savez faire c’est baratiner pour arriver à vos fins. (Bim!)

-Non, ce n’est pas notre cas! nous madame nous sommes des gens honnêtes, vous savez on aide beaucoup les enfants, on donne des cours (bla bla bla, et s’en suis un long monologue de justification)

Mon avis? Quand on est vraiment honnête envers soit même ou autruis, on n’a pas besoin de se justifier pendant des heures pour prouver à l’autre que ce que l’on fait c’est bien.
Il me propose, de me vendre l’huile de nénuphare pour 400 roupies, je lui dis que dans l’immédiat là je ne sais pas, pourquoi pas demain.

-Non, demain, c’est un autre jour, ce ne sera pas le même prix. Demain c’est férier nous serons fermé. (Baratin encore...)

Je lui propose alors de me donnser sa carte de visite (oui oui, j’ai poussé le mec jusqu’au bout de ses mensonges), comme ça si je suis intéressée je pourrais toujours lui dire. Et là, je pense qu’il en a eut assez de se faire contredire il est parti dans explications qui n’avaient ni queues ni tête.
Son “cousin”, finira par m’offrir un échantillon de cette huile pour pouvoir l’essayer...


Un peu usés de ces personnages nous prenions congé en direction de notre hôtel pour aller dormir et nous remettre de cette longue journée.

Nuit où je ne pourrais hélas pas récupérer, car mes voisins se sentant seuls au monde, parleront fort jusque tard, avec la télé en bruit de fond. Jusqu’au moment où à une heure du matin, après avoir hésité toute la soirée, je me décidais à porter mes ovaires. J’enfile mon pantalon, je sors de ma chambre prête à remettre les pendules à l’heure:

-Ok, je vais être directe avec vous. Depuis 9h ce soir, vous parlez super fort comme si vous étiez seuls, sauf que ce n’est pas le cas. Vous êtes dans un hôtel, les gens payent pour pouvoir y dormir. Et que là il est 1h, mon fils et moi nous aimerions bien pouvoir dormir en fait! Que le minimum de respect, serait passé une certaine heure de se faire plus discret.

(En fait, les indiens ont très peu de discernement concernant le bien-être d’autrui et agissent toujours de façon très égoïstes comme si personne d’autre qu’eux n’existaient. C’est valable partout, dans la rue, en voiture, à l’hôtel. Ils ne s’imaginent pas un seul instant qu’ils puissent déranger et vivent leur vie sans trop se soucier du reste. Je ne pense pas que se bien ou mal attentionné, ils sont juste comme ça.)


Loin d’avoir pris ma voix la plus douce pour leur parler. Loin de faire les mâlins, on aurait dit deux penauds (d’une quarantaine d’années) qui se faisaient engueler par leurs mères.

-oh yes yes, sorry m’mam, sorry!

Plus un bruit, enfin! Quand soudain....la pluie se manifesta, et faisant un vacarme pas possible en s’écrasant sur le toit de l’hôtel, venant remplacer les bavardages incessants de mes voisins...

Le lendemain matin, nous nous donnions rendez-vous avec Simone pour aller visiter le temple de Chamundi Hill, puis le palais de Mysore.
Nous avons pris le bus de ligne pour nous y rendre.
La visite du temple était intéressante mais... Il faut payer l’entrée (30 roupies), puis il faut acheter les offrandes (40 roupies) et il faut enlever ses chaussures et les consigner (3 roupies), arrivé à l’intérieur, c’est magnifique, il y règne une atmosphère particulière mais dont on n’a pas vraiment le temps de profiter car “toi le touriste blanc” on te presse de faire place pour que les autres puissent prendre le temps de faire leurs prières...

Au moment de récupérer nos chaussures on nous annonce que c’est 3 roupies par paires de chaussures. Seulement, on nous avait bien dit que c’était 3 roupies pour le sac, en demandant plusieurs fois pour être sûre. Ils insistent, je leur dis que ça n’a aucun sens de payer d’avantage alors que nos trois paires étaient dans le même sac. Nous avons donc payé 3 roupies et pas plus.
En soit 9 roupies ce n’est rien... mais trop c’est trop.
De retour dans le bus, c’était une femme qui contrôlait et donnait les tickets, et pour la première fois depuis mon arrivée en Inde, j’apprenais que mon fils de 10 ans, bénéficiait du tarrif enfant et donc moitier prix!

Simone ne se sentait pas à l’aise à Mysore et me laissera à l’entrée du palais, elle décida de plier bagages pour aller à Ooty. Nous étions ravis d’avoir pu partager ces quelques sorties ensembles, et nous nous souaithions le meilleur dans la poursuite de nos aventures.

Je décidais tout de même avec Estéban d’aller le visiter. Il faut encore enlever ses chaussures, on ne m’auras pas deux fois, cette fois-ci ni vu ni connu, elles finissent dans mon sac à dos!
La visite vallait le coup d’oeil, cet endroit était absolument somptueux et l’architecture majestueuse.
Comme dirait Estéban: “J’aimerais bien vivre ici”!
Après bien plus d’une heure de visite, nous nous métions en route pour trouver un endroit où déjeuner. Un copieux Talhi engloutit en moins de temps qu’il n’en faut.

Pendant mon séjour à Mysore je voulais vraiment tester un message ayurvédique, car l’endroit est aussi réputé pour. Grand mal m’a pris de vouloir demander à un local (naïveté quand tu nous tient...), il me conduira dans un endroit dans lequel sûrement il toucherait une commission. Je m’étais dit tant pis, au pire si ça ne me plait pas je partirais.
La fille qui devait me masser avait l’air douce et gentille. Pour le coup, on aura vraiment vécu l’expérience local. Je me déshabille et pendant une heure j’aurais mon massage à base d’huile d’amande douce, de fleur de patchouli et d’ylang ylang. Elle m’expliquait ce qu’elle faisait en même temps, c’était intéressant et formateur.
Estéban aussi voulait se faire masser et aura donc eut lui aussi sa petite expérience de massage de la tête et du haut du corps.

Une fois rentrée j’étais détendue, ce massage m’avait fait du bien. Cependant à moi aussi, la ville de Mysore me laissait un arrière goût amer. La ville est belle, il y a plein de choses à voir, à faire, mais je ne m’y sentais pas bien.
En fait, en moins de 48h ils m’avaient tous fatigué et j’avais envie de partir.
A 16h je décidais donc que le lendemain (aujourd’hui) nous partirions pour Gokarna. Après plusieurs recherches et l’aide du gérant de l’hôtel, j’apprenais qu’un bus partait à 6h du matin et arriverait le soir même à 18h.

Je ne sais pas si j’arriverais à me faire à leur mentalité. On ne peut se fier à personne, personne n’est vraiment sincère où honnête. Ça me faisait vaguement sourire au début, le problème c’est que pour s’en sortir en Inde, il faut faire comme eux, et ça ne me plait pas d’être comme ça.
Les seules personnes que j’ai recontré et en lesquelles je ne remets en aucun cas en cause leur sourire et leur générosité se sont les Todas des Nilgiris, et le couple gérant de l’hôtel de Kodaikanal.

L’Inde a vraiment tout pour être aimée et détestée en même temps.

 

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