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Première journée à Kodaikanal

September 16, 2018

 


Nous sommes arrivés le vendredi matin à 8h à Kodaikanal. La nuit a été quelque peu tumultueuse, les huit heures de trajet étaient très mouvementées, nous avons été secoués pratiquement tout le long.
Allongés sur nos couches, le voyage avait des allures de scène digne d’un film. C’est vraiment une expérience.

Avec les garçons, on se posa un instant dans un café le temps de recharger nos batteries et de se réchauffer avec un bon thé chai.
Nous finirons par nous faire mettre dehors car nous nous attardions apparemment trop longuement après avoir fini nos consommations.

Il y avait un lac non loin de là, après avoir scruter la carte, nous décidions donc d’aller nous y poser. C’était parfait car il y avait une aire de jeu.
Estéban faisait de la balançoire, Téo s’était endormi sur le banc et moi je terminais de lire mon livre La bicyclette bleue.
Une heure plus tard, nos chemins se séparaient. Lui, allait retrouver ses amis et moi ma chambre d’hôtel. Celle-ci était un peu plus loin dans la hauteur de Kodaikanal, je dus faire appel à un taxi, lequel plutôt que de me conduire là où je voulais, se mit à m’emmener d’agence de voyage en agence de voyage...

-Ce sont mes frères, ils font un bon prix (oui ils sont bizarrement tous frères j’ai remarqué!)
-Ok, mais là moi je suis fatiguée, tout ce que je veux c’est aller à mon hôtel.

Il aura fallu insister trois ou quatre fois avant qu’il ne se décide à m’emmener là où je voulais. J’étais à bout de patience, les larmes me montaient, je les contenais tant bien que mal, je n’avais qu’une seule hâte, pouvoir me reposer.
C’est incroyable, il faut tout, tout le temps négocier. Ils mentent comme des arracheurs de dents, nous prennent pour des imbéciles parce que nous sommes des touristes.
Estéban s’inquiétait aussi, il ne comprenait pas pourquoi le Monsieur n’arrêtait pas de me parler et de me trimballer partout. Et il est vrai que étant seule avec mon fils, ce petit manège ne me rassurait pas du tout.

Un quart d’heure plus tard (au lieu des cinq minutes nécessaires pour faire la route depuis le centre-ville), nous arrivons avec soulagement à notre hôtel.
La chambre est plus que rudimentaire, il y fait sûrement plus froid que dehors, la douche c’est comme à sadhana Forest un sceau et un pot, la chaleur en moins dans la salle de bain. Cependant, à 7 euros la nuit, je me dis que j’ai ce pourquoi je paye. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’extraordinaire mais c’est relativement propre.

Une fois bien installée, je n’avais envie que d’une seule chose, dormir. Blottis dans nos duvets (je savais qu’ils nous seraient utiles!), nous nous laissions mon fils et moi, bercer par la chaleur qu’il contenait afin de récupérer de notre voyage. L’un contre l’autre, nous nous endormions aussi paisiblement que possible sur fond sonore d’un film bollywoodien émanant de la chambre d’en face, le son crépitant dû à une mauvaise réception de la télévision.

Au réveil, il était 14h, je descendais à la réception pour demander le mot de passe afin d’avoir accès au Wifi. Le personnel ne parlant pas bien l’anglais, était incapable de le trouver, et revoilà ma patience mise à rude épreuve, car je mourrais d’envie d’appeler mon chéri, j’avais besoin de lui parler, de prendre de ses nouvelles.
Ils me font patienter. Une heure plus tard toujours rien.
Je leur explique que sans connexion je ne peux pas appeler mon mari (oui ça fait mauvais genre si non, on prendrait moins ça au sérieux si je disais “boyfriend”, alors que “husband” avec mon enfant à côté au moins les choses sont claires), qu’il n’avait pas eu de nouvelle de moi depuis un moment, je ne pouvais rassurer personne alors que c’était important.

Ils me baratinent encore des trucs auxquels je ne comprends rien, j’en ai ras la coupe, elle déborde et je m’effondre littéralement en larme. Rien, rien ne peux jamais être simple et après huit heures de voyage, mes pensées bousculées depuis vingt-quatre heures, j’étais à fleur de peau. Ça aura eu le mérite d’avoir fait son effet, car ils finissent par me passer au téléphone une personne parlant l’anglais et capable de me donner ce fichu mot de passe.

Encore sous le coup de mes émotions, je me jette sur mon mobile pour appeler mon “mari”. Et quel soulagement que d’entendre sa douce voix, de pouvoir vider mon sac. J’en avais gros sur le cœur, c’était peut-être un peu trop pour moi d’un seul coup. J’allais apprendre à m’adapter à leur façon de faire, et trouver des moyens pour ne plus me faire avoir et obtenir ce que je veux quand je suis dans mon bon droit de le demander. Néanmoins, en attendant je n’avais pas encore les cartes en main. J’avais l’impression d’être une proie ambulante (ce que je suis par ailleurs), c’était difficile à gérer et à accepter.
Cette conversation avec mon tendre aimé, m’a aidé à recharger les batteries. Je me sentais apte à ressortir. Estéban et moi étions affamé et c’est à pied pour nous dégourdir les jambes que nous descendrons les cinq kilomètres de routes jusqu’au centre-ville. Nous marchions à travers des paysages verdoyants, la vue au loin sur le lac et les collines, la route bordée de vaches, et de singes. De vieilles bicoques en taules ci et là dans lesquels vivaient quelques Indiens, ornaient les bords de la cette artère cabossée menant jusqu’en bas de la ville.

Au moment de reprendre un taxi pour remonter, j’étais rodé. Posant d’entrée de jeu les règles, c’était 200 roupies pas plus, et c’était trajet directement jusqu’à l’hôtel pas de détour chez le frère ou le cousin avec une agence de voyage.

Je vous passe le moment ou en revenant l’eau chaude ne fonctionnait pas dans notre chambre, que par conséquent le réceptionniste a dû nous en changer... Et que nous commencerons notre journée du lendemain sans électricité!
Ça forge le caractère il parait et puis, ça fait partie de l’aventure!
J’ai du mal à réaliser que je suis partie il y a seulement quinze jours, tant c’est intense en émotions, tellement je suis dépaysée et décontenancée par ce pays qui a tout pour séduire et tout pour agacer.
L’Inde s’apprivoise petit à petit.
 

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